1/8 – Rechercher l’humilité

Voici quelques réflexions évidentes . que l’on aurait presque honte de rappeler aussi longuement…mais peut-être n’est-il pas inutile de le faire, parce qu’il n’est pas inutile d’insister lourdement sur ce que l’on conçoit si bien, mais pratique si peu…

Pour dialoguer efficacement, il faut abandonner nos illusions profondément ancrées à l’intérieur de la psychologie humaine commune à tous.

La plus gigantesque illusion qui habite tous les hommes, c’est qu’ils se croient naturellement bons (même s’ils sentent au fond d’eux-mêmes qu’ils ont commis quelques fautes cachées – souvent évidentes, mais à leurs yeux pardonnables…). C’est sur cette erreur que repose les grands malheurs de l’humanité.

Aussi la première démarche à faire si l’on veut améliorer le sort des hommes, c’est dénoncer cette illusion, [la dénoncer, non seulement dans le principe – ce qui est d’une facilité enfantine – mais pour chacun de nous – incroyant réfléchi, évêque, chef religieux, ou chrétien ordinaire – commencer à la découvrir et à la reconnaître pour nous-mêmes personnellement..

Cet accès à l’humilité, attitude la plus naturellement contraire à l’homme, ne peut se réaliser par la pratique des moyens humains. Elle ne peut venir que d’un moyen extérieur à l’homme. Par la prière. La prière qui ne consiste pas seulement en une pure demande adressée à Dieu, mais aussi et surtout  comme une sollicitation destinée à éclairer nos intelligences humaines.

Aussi, pour faire avancer l’unité des chrétiens, il ne suffit pas d’échanger des arguments pour écouter l’autre (et se replier sur ses illusions personnelles [consistant bêtement dans l’illusion d’être plus dans le vrai que l’interlocuteur !]; il faut d’abord et avant tout que chacun se remette en question, et, au lieu de vouloir convaincre l’autre, que l’on soit ouvert, prêt à écouter le point de vue opposé.

(Quand on observe l’histoire de saint Pio de Pietrelcina – et l’incroyable mesquinerie de beaucoup de ses confrères  religieux de l’époque – on a quelques raisons de craindre que nos chefs religieux actuels  – comme d’ailleurs nous-mêmes! – ne sont pas spontanément prêts à pratiquer suffisamment la nécessaire vertu d’humilité et d’ouverture requis.

Mission difficile, mais, avec l’aide de la prière et de la réflexion humaine qui l’accompagne, nullement impossible.