3 – Jugement sur la division des chrétiens

Jugement sur la division des chrétiens

Commençons d’abord par d’abord par corriger une erreur possible, celle qui consiste à dire que la division des chrétiens constitue un scandale. Non, ce n’est pas scandale, c’est un fait. Et c’est même l’exact inverse d’un scandale, puisqu’un scandale se définit par une vive réaction contre une situation  inadmissible, et qu’au contraire, depuis des centaines d’années – et encore aujourd’hui –  tout le monde s’accommode de cette situation – sans rien dire, ou, au mieux,  en tenant des propos lénifiants…). Par contre, ce qui est scandaleux – ou devrait l’être – c’est la cause de la situation, à savoir l’absence de réaction passionnée, l’inconscience, et surtout l’inaction devant une telle situation.

La division des chrétiens est le résultat d’un gigantesque péché collectif impliquant des centaines de millions d’hommes qui – sans s’en douter, et pleins des meilleures intentionsdésobéissent à la recommandation la plus explicite donnée par le Christ avant de nous quitter pour toujours sous sa forme corporelle [restez dans l’unité !].   (C’est le grand péché collectif, mais c’est aussi le péché de chacun de nous – le mien et le vôtre ! – et nous vivons tous tranquillement dans la bonne conscience d’être de « bons chrétiens ! ». Alors que nous sommes fondamentalement pécheurs !

Si le Christ a fait cette recommandation d’une manière spectaculaire, c’est sans doute parce qu’il y voyait une très grande importance, non seulement pour la réussite de notre relation avec son Père, mais aussi pour la réussite de la mission qu’il nous demande d’accomplir dans le monde.

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Faisons lui confiance. Mais, comme on n’est jamais assez capable de le faire, essayons de faire appel à nos petites capacités intellectuelles données par Dieu, en commençant par faire  quelques remarques sans doute insuffisantes :

  • par définition, la division est le contraire de l’union… or l’union, c’est, l’amour. Aussi être indifférent à la division, c’est être indifférent au plus grand péché des hommes ; Et être indifférent à Dieu, qui nous demande d’abord et avant tout d’aimer ;
  • concrètement, tragiquement, la division des chrétiens (existant au nom de l’orgueil, du manque d’intelligence humaine et de l’erreur des différentes églises), c’est le mauvais exemple donné à toute la société civile qui de toutes parts souffre si cruellement de l’accumulation des ses divisions de toutes sortes. C’est plus grande trahison que l’on puisse commettre. Que nous ne voyons même pas. Ou à peine ! et que nous traitons par une mesurette, « l’œcuménisme » ! (dont nous sommes à la fois fiers  [effectivement, par rapport au zéro absolu d’avant le père Couturier, c’est bien !, mais par rapport à l’exigence de Dieu c’est incroyablement nul !], et honteux.) ;
  • les chrétiens peuvent être fiers de pratiquer la charité à l’égard des défavorises (d’être un peu fiers de leurs mérites, certes plus réels que ceux des personnes qui ne font strictement rien !), mais ils devraient surtout comprendre que leur premier devoir est de travailler à panser le mal terriblement grand de la division qui affecte tous les hommes riches ou pauvres de l’humanité toute entière. Et voyant que, nous ne le faisons pas, au lieu d’être contents de nous-mêmes, nous devrions reconnaître au contraire que nous donnons le mauvais exemple ;
  • le problème collectif de la division des chrétiens représente l’immense somme des trahisons individuelles des chrétiens de toutes les églises séparées, qui refusent de dénoncer la situation (donc jusqu’à ce jour la mienne – et probablement, cher visiteur, la vôtre, jusqu’au jour où vous prendrez conscience du scandale, et commencerez à réagir ;
  • les plus grands responsables du mal dans le monde ne sont peut-être pas les dictateurs incroyants qui commettent des génocides, et que l’on montre du doigt ; mais, en grande partie, nous-mêmes. Car, eux, ont l’excuse de ne pas avoir entendu le message du Christ, et celle de ne pas avoir été témoins de l’exemple d’une immense communauté unie dans sa diversité… (Du moins est-ce ainsi que nous devrions voir et ressentir la situation dans le monde…) ;
  • à l’origine de notre passivité à l’égard de la division se trouve le fait que nous sommes bien plus des hommes que de véritables disciples du Christ. Tout simplement que nous sommes pécheurs, et que loin d’en avoir une vraie conscience (autre que théorique), orgueilleusement, bêtement, nous croyons faire partie des « bons » («vous pensez, nous appartenons au groupe de ceux qui prient et pratiquent la charité à l’égard des pauvres, qui sont soudés en eux  – et, en plus, qui appartiennent à l’église que nous sentons bien comme étant la plus fidèle à l’enseignement de Jésus ! » ;

Les raisons se résument en quelques mots : nous sommes des hommes (avec tous les travers naturels dont nous sommes porteurs – donc des pécheurs –, nous sommes  inconscients, orgueilleux, enfoncés dans nos erreurs ; et, avec cela nous prions peu et mal (sans l’indispensable humilité qui plait à Dieu).

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Alors, face à cette situation que faut-il faire ? Eh bien, il faut comprendre, reconnaître la vérité, (accepter de nous humilier...). Et – mesure infiniment féconde – avouer publiquement au monde notre immense faute  (quel exemple merveilleux !); et, ensemble, avec enthousiasme, décider de changer. En nous appuyant désormais, non plus sur nos vertus supposées, mais sur la grâce du Christ. (Ainsi qu’en s’intéressant à l’exemple – admirable, mais évidemment insuffisant –  de la communauté des moines de Taizé).