Partage des responsabilités
Chaque camp a naturellement tendance à faire un partage des responsabilités de nature à le rassurer, mais qui a toutes chances de s’avérer injuste
Raisonnement possible de la part des catholiques : « la responsabilité de la séparation incombe à ceux qui l’ont réalisée, c’est-à-dire à l’ensemble de tous nos « frères séparés ». Evident, si l’on se réfère aux seuls faits visibles. Sauf que, par lui-même, un fait ne peut être considéré comme une responsabilité ! mais seulement comme la conséquence logique d’une action – bonne ou mauvaise. En l’occurrence commise par qui? Probablement, puisque des deux côtés ce sont des hommes – par les catholiques et les protestants…
Certes, ceux qui ont pris la décision de se séparer portent une responsabilité, mais il n’est pas dit qu’ils soient les seuls à la porter… n’est-il pas probable que la responsabilité entière soit partagée entre l’Eglise dont on s’est séparé et cux qui ont acté la séparation.
Aussi les catholiques ont-ils à s’interroger pour rechercher si, au cours des derniers siècles – et encore actuellement – leur attitude n’a pas constitué une forte pression ayant pour effet d’inciter les fidèles qui n’adhéraient pas entièrement aux positions officielles de l’Eglise à envisager une séparation radicale.
Et l’Eglise catholique peut d’autant plus se poser la question certaines de ses positions source de conflits n’ont en général pas été définies, par le peuple [modeste, mais, lui, nullement tenté par l’orgueil, et certainement habité par l’Esprit-Saint], mais par la hiérarchie – en tant que telle, naturellement tentée par l’illusion et l’orgueil. (Quand on connait un peu les hommes, et parmi eux, encore plus ceux qui ont été investis par une très grande organisation prestigieuse, investie d’un pouvoir intellectuel et spirituel infiniment considérable, on a de sérieuses raisons de parier qu’elle n’a pas su échapper à la tentation naturelle de l’autorité…
En restant fidèle – sans mérite – à l’organisation héritée des apôtres – donnons-lui acte de ce mérite – elle a certainement obéi – avec facilité ! – à la volonté de Jésus … mais, trop sûre d’elle-même, trop inconsciente de sa condition de pécheresse, elle s’est comportée de manière gravement injuste à l’égard de ceux qui la contestaient de bonne foi. (Comme toute organisation humaine, dans son intimité et publiquement [quel exemple magnifique ce serait !], l’Eglise catholique doit se reconnaître pécheresse et demander pardon à ceux qu’elle a offensés [comme elle le fait déjà dans l’affaire des abus remontés au jour ces dernières années. (Avec des effets infiniment heureux, à la fois pour elle, pour les victimes, et pour ceux qui l’observent …).
Face à cette suggestion, les évêques catholiques se répartiront en deux groupes : certains, pour se justifier – sottement – en tant qu’institution et que groupe humain, réagiront en hommes [c’est-à-dire en pécheurs – et en pécheurs stupides] – d’autres feront acte d’intelligence et d’humilité et se comporteront en authentiques chrétiens. Heureusement, quand on observe l’évolution récente de la hiérarchie catholique , on a toutes raisons de prévoir qu’elle réagira avec intelligence, courage et générosité.
De leur côté, après la demande de pardon des catholiques – si elle intervient – il faut s’attendre à ce que les frères séparés réagissent t avec intelligence et avec charité. Toutefois, étant des hommes, la risque est que, eux aussi se partagent en deux groupes opposés… Mais, à eux aussi, faisons confiance.Ils le méritent certainement!
Aussi bien du côté catholique que protestants [et autres chrétiens], entre les deux groupes, on peut parier que le peuple chrétien saura faire le bon choix.
La séparation n’a pas été provoquée par le peuple de Dieu, animé par l’Esprit saint, mais par l’organisation hiérarchique de l’Eglise catholique et du protestantisme , par le cléricalisme. (Et derrière par Satan qui se tait, mais doit bien rire de la sottise et de la faiblesse des êtres humains…. et se réjouir du mauvais tour joué à Dieu …) .. .
Alors, doit-on en vouloir à l’Eglise catholique ? et à sa hiérarchie ? Non ! car ce ne sont pas les chrétiens en tant que tels, ou en tant que fidèles au Christ, mais les hommes pécheurs- – qui ont fauté, mais les hommes, catholiques, protestants – et incroyants – que nous sommes tous sans exception
Alors, au lieu de nous accuser bêtement, demandons tous pardon pour notre péché commun. Dans une très grande joie, marchons résolument vers l’unité !
