Unité autour de qui ?
Refaire l’unité des chrétiens, oui ! mais autour de qui ? Beaucoup de catholiques – animés d’une logique élémentaire, mais peut-être pas aussi réfléchie et nuancée qu’il conviendrait – vont répondre : « autour du pape !» .
Certes, conformément aux caractéristiques ontologiques de l’homme, et surtout à la consigne on ne peut plus explicite du Christ, la communauté des fidèles au Christ doit impérativement se regrouper auprès d’un homme, qui, en l’espèce doit représenter le successeur de Saint Pierre, chef des premiers apôtres.
Mais concrètement qui est ce personnage ? le pape, chef de l’Eglise catholique ? (en l’occurrence, aujourd’hui Léon XIV) ? Ce n’est pas impensable, mais ce serait à la fois bien maladroit de le proposer ! Et, en plus, contraire à la logique la plus élémentaire. (Et probablement aux désirs d’une grande partie des frères séparés. Le personnage à désigner ne peut évidemment être que celui qui, au vu de ses qualités humaines et chrétiennes, serait accepté par l’ensemble des représentants des diverses églises
Certes le pape est le successeur de Saint Pierre, élu à ce titre par des cardinaux catholiques. Et, , à titre provisoire aussi longtemps que l’unité des chrétiens ne se trouve pas réalisée, cette qualité peut être retenue comme légitime
Mais il va de soi qu’il ne serait pas concevable de demander aux autres communautés chrétiennes de reconnaitre comme successeurs de Pierre un homme qui aurait été choisi par les seuls catholiques ! Une élection rassemblant toutes les églises adhérentes (catholique, orthodoxe, protestantes, évangéliques etc.) devrait être organisée sur la base d’un système électoral à négocier entre les différentes églises. L’élu serait considéré comme le vrai successeur de Saint Pierre, sous la dénomination de pape ou d’une autre désignation à trouver.
La mise en place de cette innovation n’interdirait pas au pape actuel de conserver son ancien titre et son autorité, mais, désormais, sans prétendre au titre de successeur de Saint Pierre (comme, de même, elle n’empêcherait pas à chaque autre église adhérente de conserver une certaine personnalité propre (qui pourrait évoluer dans le temps, pour passer d’une tendance fédérative à un visage plus proche de l’unité… Ce dans le cadre d’une conception de l’unité dans la diversité.)
