Qui suis-je?

Quelquefois, dans un passé un peu ancien, je pensais : « l’idéal est de parler des autres comme on parle de soi-même … et de parler de soi-même comme on parle des autres ». Et j’aurais pu ajouter « avec objectivité, en reconnaissant à la fois les défauts et les qualités des uns et des autres »,    (Objectif bien difficile à atteindre, parce qu’en général, on voit les défauts des autres, avec la même ardeur qu’on s’attache à se cacher les siens propres…)  Cependant, je vais essayer de me conformer à cet objectif idéal…Avec l’impression (probablement erronée) que je n’y arrive pas trop mal…

Quoi qu’il en soit, je crois très important pour un auteur de s’efforcer de réfléchir le plus sérieusement possible au fond de sa personnalité. Et de révéler à ses lecteurs la vision (plus ou moins juste ou fausse…) qu’il a de lui-même… (Il me semble que très rares sont les écrivains qui se livrent à cet effort-[y compris lorsqu’ils se présentent comme des philosophes s’estimant capables de juger Dieu, sans pour pouvoir se juger eux-mêmes…).

 Qui suis-je? Vous le saurez assez bien quand vous aurez eu la chance – ou le malheur ! – d’avoir lu suffisamment de pages du site… (Peut-être le saurez-vous alors encore mieux que moi-même… Avec plus de lucidité…).

Mais, avant d’en arriver là, il est bon, je crois de vous dire comment je me perçois moi-même... Dans une opération qui ressemblera un peu à un douloureux accouchement au forceps. Ce, sous la forme particulière de l’établissement d’une liste – d’ailleurs incomplète. (Un peu pénible à établir… mais, quand même, bien moins que le travail à accomplir par les mères infiniment méritantes 1 en train d’accoucher en ce moment dans de nombreuses cliniques !) :

Parmi les traits qui me caractérisent ( dont beaucoup seraient plus difficiles à rapporter…) , je propose une liste, évidemment incomplète (et surtout imparfaite !) de quelques-uns des traits auxquels je pense. (Et que j’énumère en vrac ) :

  • Je suis un inconnu ! (Ce qui me condamne aux yeux de quelques imbéciles qui peuplent notre chère France et l’espace francophone);
  • une chance (et un tourment), je suis un être habité par de fortes contradictions… (entre lesquelles, heureusement, je suis capable de prendre position…) ; J’aime à la fois la raison et tout ce qui la dépasse, l’intuition et les révélations de nature religieuse – réelle, imaginées, ou supposées ;
  •   j’ai une admiration sans bornes pour la science et la technique de notre époque,    et le plus grand mépris pour la déchéance intellectuelle et morale de la majorité des orgueilleuses « élites », qui prétendent tout comprendre et se croient habilités à diriger le pauvre peuple qu’ils méprisent éperdument
  • je ris et je pleure devant le spectacle l’incroyable bêtise dont, chaque jour et à chaque instant, notre époque dégénérée fait preuve avec la plus grande assurance de posséder une intelligence supérieure à celle de la longue suite des générations des hommes qui nous ont précédés   (« pauvres philosophes grecs , qui n’étaient que des apprentis penseurs qui n’arrivaient pas à la cheville des maîtres à penser d’aujourd’hui ! » (Les pauvres, parait-il,  ils n’avaient à leur disposition, ni smartphones, ni l’intelligence artificielle ! mais seulement leur petite intelligence naturelle ;
  • je suis sidéré par le contraste entre, d‘un côté, la bassesse de certains hommes cruels (comme Hitler, Staline, Poutine, Netanyahou , et tant d’autres)   et, de l’autre,  l’incroyable grandeur de quelques héros, comme hier   SOLJENITSYNE et Alexeï NAVALNY, et avec eux une multitude d’hommes inconnus ;
  • J’adhère à une Religion, et (heureusement pour elle !) je la secoue avec un esprit critique encore plus poussé que celui de ses adversaires les plus coriaces ;
  • Je suis peiné de voir, à côté de beaucoup d’incroyants  (que j’excuse plus facilement…) beaucoup de « bons chrétiens » confortablement installés dans leur bonne  conscience  et ne rien faire, ni pour lutter contre l’injustice dans leur pays et dans le monde, ni pour accomplir leur véritable devoir de citoyen (qui n’a rien à voir avec la nécessaire, mais insuffisante obligation de voter !);
  • sauf erreur de ma part, dans toutes les questions qui se posent à moi, je crois savoir découvrir l’essentiel, et, si je n’en suis pas capable, je veux toujours essayer de faire le maximum pour tenter de me hisser, au niveau souhaité ;
  • Pas du tout enrichi par une carrière professionnelle très variée (qui ne m’a pas apporté la richesse – tant mieux ! ), je profite par contre d’une expérience qui m’a permis de connaître de très près les grandes formes d’organisation humaine (administrations, organismes publics, sociétés privées, coopératives, petite entreprise), et de fréquenter des gens de tous les milieux sociaux (diplomates, énarques, polytechniciens, ouvrières, paysans, retraités, prêtres, francs-maçons, etc.) ;
  • peut-être aussi, ai-je le défaut d’être franc 
  • j’aime réfléchir, mais mon plus grand désir est celui d’agir et, dans la mesure où je le peux un peu, d‘essayer  d’être utile aux hommes de ma génération;
  • je me regarde un jour avec confiance, et, le lendemain, avec le désespoir de me sentir si petit, si nul... (mais, heureusement, la confiance arrive toujours à l’emporter largement sur le doute) ;
  • pourtant, les caractéristiques les plus significatives de ce que je suis vraiment, sont 1. ma passion pour la réflexion – conçue comme une préparation à l’action, 2. tout en faisant face à mes diverses obligations à l’égard de mes proches et de moi-même , la fidélité à un travail quotidien pour accomplir le projet dans lequel je me suis librement engagé ;
  • je suis un être impressionné, par la grandeur de l’Homme et par son incroyable aptitude à renverser les situations apparemment les  mieux assurées, créées par des élites inconscientes et orgueilleuses,
  • je suis déçu par ma propre collection de défauts et d’insuffisances personnelles,    mais rapidement réconforté par ma ressemblance à tous les autres hommes, et, surtout, dans ma foi chrétienne, habité par la conviction du pardon accordé par Dieu à tous les hommes qui reconnaissent leurs faiblesses et leurs fautes, je reste serein et joyeux.
  • je suis encombré d’une trop grande exigence pour me contenter des pages  que j’ai déjà pourtant écrites avec conviction et passion ! (Au point d’être incapable de publier un ouvrage dont j’ai établi un plan parfaitement logique !    Mais, heureusement, en juxtaposant les pages sans les articuler en entre elles, j’ai trouvé le moyen de surmonter la difficulté, en présentant mes idées, dans le site que vous lisez en ce moment ( et que je pourrai rassembler plus tard dans un ouvrage )
  • pour ne pas être plus long, je termine en disant que sur chaque sujet abordé, j’écris « à toute vitesse » en ayant l’impression d’avoir bien exprimé ma pensée  – mais, malheureusement, avec un art insuffisant (on ne peut aller vite et faire au mieux , mais je suis persuadé que mes visiteurs le comprendront et me pardonneront ).

Après avoir avoué tout cela, il ne me reste plus qu’à écouter les critiques qui me seront faites… Puis, à partir d’elles de m’efforcer de reconnaître mes travers (de naître à nouveau) et d’essayer de progresser…

Après avoir lu cette liste (sans faire suffisamment attention aux aspects contradictoires), quelques-uns pourraient croire que j’ai le sentiment de posséder la Vérité. Ce serait une profonde erreur. En fait, comme il est en soi souhaitable, j’ai un tranquille sentiment de conviction, coexistant avec l’heureuse présence d’un doute. Qui m’amène à réfléchir sur le bien fondé de mes positions personnelles. Et, très heureusement, à dialoguer avec la plus grande attention avec les gens d’opinions opposées.

(Malheureusement, de tous temps, mais tout particulièrement à notre époque, la grande majorité des hommes politiques et des élites qui font profession de penser (…) , sont intimement persuadés, de posséder, mieux que tous les autre, la Vérité. Ce qui est à la fois stupide et source des plus grands malheurs de l’humanité. Avec la possibilité d’une incroyable cruauté , dont nous avons de nos jours des exemples terrifiants, les plus grands vices des hommes sont les deux complices inséparables, la bêtise et l’orgueil ).

Décidément une liste aussi longue   et , dans l’ensemble, plutôt flatteuse… – cela fait beaucoup de qualités… Probablement trop par rapport à la réalité… Aussi, faudra-t-il équilibrer le bilan en faisant la liste de mes défauts ! mais comme ce serait trop long ici, je le ferai plus tard. En acceptant quand même de vous donner un petit acompte, qui consiste à vous avouer qu’au cours de ma vie, j’ai commis pas loin d’une dizaine d’énormes erreurs dont il m’arrive parfois de faire l’inventaire. Heureusement avec sérénité. 1. parce qu’aucune n’a été manifestement contraire à la morale (pas de crime, pas de viol, pas d’inceste, pas de pédophilie, pas de corruption, etc.), 2. parce qu’elles présentent l’immense avantage de me situer à ma vraie place parmi les hommes, 3. parce qu’elles sont infiniment compensées par la plus belle oeuvre que l’on puisse accomplir au cours d’une vie (puisque j’ai quatre enfants – et en plus des filles – et, encore en plus des filles qui me font honneur, 4. parce qu’en ma qualité de croyant, je sais que Dieu m’aime tel que je suis (encore plus que si j’étais parfait, comme le fait comprendre l’admirable parabole du fils prodigue…).

Et vous, au fait, cher lecteur, combien avez-vous commis de grosses erreurs dans votre vie ? (Dont vous êtes conscient, bien sûr…). En avez-vous fait l’inventaire ? (et dans ce cas, avec quels sentiments ?).