B — Eglise chrétienne – comment est-elle ?

Puisqu’elle est inspirée par Dieu, l’Église chrétienne est une institution parfaite dans son principe… mais, parce qu’elle est animée par des hommes, elle correspond à une réalité très imparfaite. Il faut reconnaître cette vérité. Et, surtout, en tenir compte dans la manière dont, à tous les niveaux de la hiérarchie, les hommes d’église se regardent… Et continuent toujours dese comporter… c’est-à-dire en homme qui se croient investis d’une responsabilité qu’ils se sont arrogés, et qu’ils ne devraient pas exercer – ou du moins qu’ils devraient exercer autrement…

Dans la mesure où il est très difficile pour les hommes d’église de voir de cette manière, les laïcs ont le devoir de les appeler à voir la vérité en face rappeler… mais, malheureusement, les laïcs sont imprégnés de cette mentalité cléricale, et n’ont pas le courage de prendre leurs responsabilités. (Les plus petits ne valent pas mieux que les plus grands ; tous sont des hommes – encore plus que de vrais chrétiens authentiques – et ils auraient bien tort d’accuser de cléricalisme leur hiérarchie…)

Le résultat est que, dans sa réalité actuelle, l’Église chrétienne souffre d’un cléricalisme extrêmement défavorable au bon accomplissement de sa mission. Elle est victime en particulier de cette faiblesse, lorsqu’elle veut ramener les chrétiens vers l’unité et qu’elle laisse les prêtres et les théologiens en faire leur affaire, alors que c’est en réalité l’affaire de tout le peuple chrétien.

« De tout le peuple chrétien », avec chacun dans son rôle : le peuple dans celui de réfléchir, de prier et de proposer ; et la hiérarchie dans celui de discerner. (Ainsi, se trouve  éliminé le risque lié au cléricalisme, celui de la confusion dans les même personnes des rôles du juge et de la partie).

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À ce défaut du cléricalisme, s’ajoutent ceux de la tentation de la de l’intellectualisme et de la tendance si naturelle à l’autoritarisme (et bien sûr à l’orgueil) (« moi qui ai été choisi en fonction de mes qualités assez exceptionnelles, qui ai très longuement étudié – et me trouve doué de qualités intellectuelles très sures – et qui, en plus, appartient à une église habitée par la Vérité, j’ai certainement raison… et, le temps aidant, avec la grâce de Dieu, mes adversaires seront amenés à le comprendre ! »)

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Le résultat de tout cela, est qu’au lieu de proposer une liste de questions à examiner par le peuple, l’Église propose une liste autoritaire d’affirmations ; et qu’elle repousse ceux qui ne les admettent pas – ou pas ou pas encore… à se détourner d’elle. Et que la marche vers l’unité des chrétiens se trouve bloquée.

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Il faut bien comprendre que  si  la marche vers l’unité des chrétiens est si lente, ce n’est pas en raison de sa difficulté objective (d’ailleurs l’Esprit Saint est toujours là dans son peuple), mais en raison du péché  -intellectuel et spirituel – de ceux qui la conduisent Et, bien plus largement, celle de tout le peuple chrétien.

Et, bien sûr, comprenons aussi qu’il serait fou d’accuser la hiérarchie de l’Église chrétienne. Le vrai responsable de l’échec, c’est l’homme pécheur  Et plus précisément, c’est l’homme qui reste dans le péché