Pour des prières collectives – N° 1
Ma démarche. Depuis un temps indéterminé – sans doute compris entre 5 et 10 ans – je passe plusieurs heures par jour dans la solitude à réfléchir aux problèmes du monde actuel et de l’Eglise. Je conçois ma réflexion comme devant être influencée par une brève prière quotidienne personnelle menée à deux (d’une très brève durée, de l’ordre de 4 à 5 minutes quotidiennes ). Jusqu’à maintenant, je n »avais jamais réussi à rédiger un texte qui me satisfasse. Par contre, depuis cette année, j’ai une vision plus claire de ce que je crois avoir à dire,
Ma position. J’ai le sentiment d’être parvenu à une vue juste de la réalité (à 90 ans !). Mais il serait déraisonnable et prétentieux d’en être certain ! (Je pense parfois : « si l’idée vient de l’Esprit Saint, elle est juste ; par contre, si elle vient de moi, elle ne vaut rien, ou pas grand-chose, et elle ne conduit à rien de réellement utile »). Le problème – que je ne saurais résoudre seul – c’est qu’il m’est impossible de décider si mon regard vient de Dieu ou de moi-même. !. Par contre, je sais que c’est à la communauté chrétienne d’apprécier. (A laquelle je commence d’ailleurs à me plier en m’adressant à vous…
Mon regard
Mon regard sur la Communauté chrétienne. J’ai le sentiment d’une communauté tragiquement imparfaite et d’une incroyable mollesse, qui n’a pratiquement pas conscience de sa dramatique insuffisance. Qui, au contraire, tout en se sachant (théoriquement) pécheresse, se trouve pénétrée d’un sentiment de justice [pas de justice parfaite – n’exagérons pas – mais d’un assez bon niveau de justice, bien proportionné à ce dont les hommes sont capables… [« face à ce monde en train de se comporter d’une manière incroyablement cruelle, moi, qui ne fais rien de très répréhensible et me trouve animé des meilleures intentions – sans doute agréables à Dieu – je suis au fond quelqu’un de pas mal ». (Avec notre nature humaine, comment pourrait-on ne pas réagir ainsi ?).
Mon jugement. Cette attitude est tout-à-fait conforme à ce que l’on peut attendre des hommes, dont l’une des tendances les plus profondément inscrites dans leur être consiste précisément à se considérer comme bons [1]
Est-ce que j’exagère ? il serait difficile de le penser quand on assiste au spectacle scandaleux de la division des chrétiens – si vigoureusement condamné par Jésus. De même lorsqu’on remarque les revues chrétiennes bien intentionnées qui montrent en exemple des initiatives bien gentilles, mais très limités, infiniment loin de la taille de ce qu’il faudrait faire… (Nous allumons fièrement un peu partout de petits feux, alors que celui qu’il faudrait embraser, est le grand feu auquel pensait le Christ (« Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il fût déjà allumé ! »).
Que faut-il faire ?
Alors, que faut-il faire ? Il faut changer ! mais comment ? Par une réflexion intellectuelle ? ou par la prière ? D’un petit nombre de chrétiens qui en sont capables… Par la réflexion intellectuelle seule ? Non, car, trop souvent, l’intelligence n’est pas l’outil que l’on croit, destiné à découvrir la réalité… mais, au contraire, celui destiné à justifier par des raisonnements rassurants nos désirs inconscients….. (notamment celui d’être « quelqu’un de bien »). Par la prière seule ? Non, car nous sommes des hommes, et Dieu nous donne des talents et une dignité pour nous en servir ! Et réalité, il faut mettre dans la balance tous les atouts dont Dieu nous a dotés : bien sûr, la prière au premier chef, mais aussi l’intelligence (celle qui est prête, non pas seulement à essayer de comprendre la réalité extérieure, mais celle qui nous permet de nous interroger sur ce que nous sommes à l’intérieur de nous-mêmes…). Alors par l’association de la prière, de l’intelligence, de tous nos talents et de tous nos atouts ? Sans doute ! mais à une condition, celle de ne pas oublier dans la liste de nos talents notre possibilité d’organisation efficace d’une grande action collective. Que la Communauté chrétienne (comprenant l’Eglise catholique et toutes les églises chrétiennes qui le voudraient) devrait organiser dans de grandes prières en vue de sa prise de conscience et de sa conversion…
Commentaires
Bénéfices de l’opération prière mondiale (si elle avait lieu…) : d’abord, bien sûr, celui direct de la prière elle-même ; ensuite, celui d’un exemple donné au monde. Dans une société désorientée, qui ne sait plus réfléchir sur les questions essentielles, l’exemple des chrétiens, capables de se lancer dans une très grande opération intellectuelle, spirituelle – et charitable –devrait impressionner les hommes de notre temps qui se disent tant i attachés à la culture…
Durée de cette prière. Cette prière ne devrait pas durer une journée… mais une semaine (ou plus longtemps).et ne devrait n’être que la première d’une série sur d’autres portant sur des sujets essentiels lancés avec une fréquence bin étudiée (par exemple, une fois par trimestre (ou pour certains d’entre eux, une fois par mois, en raison de l’extrême urgence à agir…)
Que faire dans l’immédiat ? réfléchir à cette proposition, puis prendre une décision (l’améliorer et la mettre au point …Ou peut-être, l’abandonner… si elle n’est pas bonne, ou pas opportune…).
[1] Rousseau – dont l’influence est bien plus grande que ce que l’on imagine – n’a-t-il pas déclaré que l’homme est bon ? En ajoutant que c’est la société qui le rend mauvais… Bravo ! la société, c’est les autres (par exemple les francs-maçons – qui, effectivement, sont loin d’être aussi parfaits qu’ils ne le prétendent…
