Spiritualité

Au point de tragique décadence et de danger où la société actuelle en est arrivée en cette fin du premier quart du 21ème siècle, seul un grand renouveau de la prière individuelles et collective des chrétiens peut sauver la situation de l’humanité.

D’ailleurs, une éventuelle opération en ce sens ne consisterait qu’à revenir – quoi que sous une forme nouvelle… – à une époque antérieure, où la prière avait une grande son importance, et, où, de nos jours, sous l’effet de la négation de l’existence du Dieu amoureux de l’humanité elle a perdu de son intensité et de bien de ses qualité.

Incontestablement, la petite minorité des chrétiens de notre époque, restée fidèle à l’Eglise, s’efforce de prier avec sérieux. Formidable ! Mais on aurait peut-être bien tort de nous reposer sur nos lauriers ! D’abord nous ne sommes qu’une petite minorité… Ensuite, et surtout, il est très probable que nous pourrions faire infiniment mieux. Et d’une manière encore bien plus regrettable, qu’on ne cherche pas assez à remédier à cette situation. (c’est d’ailleurs bien compréhensible puisque l’insuffisance de la recherche sur la prière a précisément pour cause son insuffisance elle-même !).

Alors que faire? D’abord admettre qu’on ne fait pas le maximum de ce qu’on pourrait faire; ensuite, ensuite chercher à voir où se situe notre insuffisance… (Difficile ! puisque nous sommes juge et partie…) Alors, puisque c’est difficile, dans un premier temps en se fondant sur notre intelligence, il faut peut-être commencer par faire une hypothèse…

Hypothèse : comme depuis bientôt trois siècles le monde a connu une immense transformation, qui s’est poursuivie à une allure sans cesse croissante [de type exponentiel],il serait infiniment étonnant qu’avec la faiblesse constitutive de la nature humaine, les hommes (et, entre autres, les chrétiens) aient pu se montrer capables de réagir efficacement aux inévitables conséquences défavorables entraînées par ce processus. (C’est d’ailleurs bien ce que l’on a quelques raisons de craindre quand on regarde l’état déplorable de l’ensemble de la société humaine. Et de la situation d’une Eglise psychologiquement déstabilisée face à l’évolution fulgurante du monde actuel).

Il faut donc partir de l’hypothèse que nous avons mal vu les choses – et, bien sûr, que nous ne faisons pas mieux aujourd’hui. Et, mieux que cela, quand nous croyons faire mieux – par exemple en pensant aux prières de louange – en nous donnant de fausses raisons de nous rassurer, nous nous trompons encore ,. Avec le risque de nous démobiliser pour chercher à faire mieux .

Plus explicitement, partons de l’idée que depuis à peu près trois siècles, nous ne nous sommes pas comportés comme les chrétiens que nous aurions dû être, mais comme les hommes que nous sommes. Cette démarche nous amène à commencer par faire une réflexion d’ordre purement rationnel – en essayant de nous comporter autant qu’on le peut en historiens et en sociologues.

Le fait majeur auquel les chrétiens ont eu à se confronter est celui du triomphe de la Révolution et des idées du « siècle des lumières » (!) 1(avec, en arrière-plan, l’influence de la franc-maçonnerie naissante en Angleterre, en France et aux Etats-Uinis d’Amérique). Un triomphe qui, jusqu’à maintenant, s’est poursuivi dans les domaines de la politique et de l’économie, par l‘installation aux commandes de la société civile d’une élite majoritairement acquise de manière consciente ou inconsciente aux conceptions du 18ème siècle. –

Face à ce triomphe durable, c’est normal, les chrétiens, souvent montrés du doigt ou ridiculisés (les « ringards ») n’ont pas eu assez de force morale pour réagir comme ils l’auraient dû. Mieux que cela (si l’on peut dire…), en France, souffrant d’être mis au ban du reste de la société, ils se sont trouvés tout heureux de la réintégrer en s’engageant résolument dans la première guerre mondiale (déclenchée par leurs adversaires de France, de Prusse.et de quelques autres pays..), A la suite de quoi, ils ont été en grande partie ré-intégrés. Avec la chance – ou la malchance …- d’être incités à se comporter désormais comme la majorité de leurs compatriotes.

A ce fait majeur est venu s’ajouter le développement d’un capitalisme cruel; Devant lequel, par contre , l’Eglise a réagi vigoureusement par la voix du pape Léon XIII .

A quoi cela a-t-il abouti (non pas partout, mais chez les héritiers directs ou indirects du monde occidental) ? Du côté très visible , à la merveilleuse société mondiale contemporaine, dont on voit partout les effets , en Russie, en Chine, aux Etats-Unis, en Europe et ailleurs… Du côté un peu moins visible, à cette société occidentale, incapable de renouveler sa population , et, qui, très intelligemment vote des lois nouvelles, qui, tout en faisant le malheur des personnes, a pour effet de la précipiter encore sa chute (cf. l’avortement inscrit dans la constitution, l’euthanasie etc.). D’un autre côté, malheureusement pour nous, encore de loin bien moins décelable, au comportement tiède des chrétiens (Ils sont « dans le monde », et ils sont « du monde »), qui se sont très largement alignés sur celui de leurs contemporains les moins conscients de la tragique réalité .

Alors que faire ?

J’allais dire qu’il faudrait faire un examen de conscience collective… mais Je crois que ce n’est pas ce qui conviendrait. C’est vrai, il faut procéder à un examen, mais d’une autre nature, et d’une autre forme… « D’une autre nature »: celle, qui consiste à mettre en jeu, non pas la conscience, mais notre intelligence, qui, avec l’aide de la prière, se trouve capable de découvrir en quoi notre comportement collectif est très loin d’être conforme à l’enseignement du Christ ; « d’une autre nature » : la réflexion n’a pas à être collective, mais, dans un premier temps, elle devrait se réaliser dans le cadre de petits groupes de » réflexion intellectuellement et affectivement équipés et motivés pour se livrer à un tel examen . Quitte, ensuite, bien sûr, à répandre les résultats de la recherche effectuée. Auprès de qui ? D’abord auprès des chrétiens pour qu’ils se pénètrent des découvertes faites ( peut-être en les complétant…) ; ensuite, auprès de la population civile (au départ indifférente à la question…).

Tout cela pour aboutir à quoi ? Pour les chrétiens, effectivement à ce moment-là ,à un examen de conscience individuel et collectif [car dans la mesure où l’on a mal agi, on est responsable – même si c’était en se comportant comme les autres], et à l’élaboration d‘un projet chrétien (compatible avec le projet permanent de la société civile !). Et pour les citoyens sans religion, à une information loyale.

Quel sera le résultat ?

Les chrétiens cesseront d’être des citoyens de seconde zone (des sujets), condamnés à obéir passivement à une législation contraire à leur conscience, élaborée par des politiciens pour la plupart dépourvus d’une vraie conception philosophique de l’homme (ou, adeptes d’une doctrine contraire à la nature de l »homme – comme, d’ailleurs, à celle de très nombreux incroyants lucides..) . Qui , plus est, par des politiciens qui, tous les cinq ans, peuvent être amenés à légiférer en sens inverse sur des questions essentielles pour la réussite des hommes, dont ils prétendent être capables de prendre en charge leurs intérêts vitaux.. Il est grand temps de mettre fin à un tel système absurde !

Pour les chrétiens il est impératif de trouver s d’autre solution que celles consistant à faire des manifestations de rue, ou des pétitions (de plus, le plus souvent dépourvues d’effets – et peu efficaces pour le réveil des intelligences et des consciences…) .

Au delà de cet aspect négatif, ils doivent devenir les auteurs d’un projet social nouveau conforme à la réussite et au bonheur des hommes – chrétiens et non-chrétiens.

D’un point de vue positif, ils seront les auteurs d’une proposition destinée à améliorer considérablement nos institutions, que la majorité des citoyens éclairés considèrent comme conduisant à l’injustice et à la faillite. S’ils ont le courage de le faire, beaucoup d’incroyants lucides seront reconnaissants aux chrétiens et trouveront là l’occasion de se rapprocher d’elle (et par là de progresser davantage sur la voie de leur salut).

Qui fera la proposition ? Non pas la hiérarchie (pour qu’elle se fasse attaquer inutilement – et ce n’est pas sa vocation) mais les penseurs chrétiens (qui, par contre devraient se trouver fortement encouragés parles évêques).

Urgence et atouts : deux faits doivent les encourager à agir avec courage: 1°) la situation sociale du monde actuel est tellement injuste et désespérée qu’une majorité de nos concitoyens ont toutes chances d’accueillir avec faveur un projet de réforme. qui, depuis des siècles, ne vient de nulle part ; 2°) Les institutions du monde actuel proviennent d’une conception datant de trois siècles , inspirée par une conception fausse et simpliste.

Une telle initiative (pour le moment purement éventuelle) , présente-t-elle des risques importants ? Bien sûr elle ne plaira pas particulièrement aux pouvoirs en place (mais faut-il s’en plaindre ?). Comme toute innovation, si elle est mal préparée, elle présente des risques … Mis il s’agit de les éviter, notamment grâce à la prière et à l’influence de la hiérarchie de l’Église, chargée de rappeler les grands principes de l’Evangile.